Ne rien faire

21 Juil 2025 | Psychologie

Ne rien faire ou comment aborder la procrastination

Un problème à combattre ou un messager à écouter ?

Dans une société où l’action, la productivité et le mouvement constant sont valorisés, ne rien faire peut paraître suspect. Pire encore : procrastiner, remettre à plus tard, traîner des pieds, devient presque un péché capital. Pourtant, derrière le vide apparent de l’inaction se cache souvent un monde intérieur riche et complexe, qui mérite d’être exploré plutôt que condamné.

ne rien faireNe rien faire… vraiment ?

Quand as-tu pris le temps, pour la dernière fois, de ne rien faire ? Pas de téléphone, pas de lecture, pas de tâches ménagères en retard. Juste toi, avec toi. Pour beaucoup, cette expérience est vertigineuse. L’inaction réelle confronte au silence intérieur, à l’ennui, à l’angoisse parfois. Elle révèle les pensées enfouies, les émotions refoulées, ce que le quotidien hyperactif nous aide si bien à éviter.

Ne rien faire n’est pas nécessairement une perte de temps. C’est parfois une nécessité vitale. Le corps et le psychisme ont besoin de pauses pour intégrer, digérer, rêver. Le “rien” apparent est souvent un “plein” invisible. C’est dans ces espaces de vide que les idées germent, que les vérités profondes remontent à la surface.

Procrastiner : résistance ou sagesse inconsciente ?

La procrastination est généralement perçue comme un problème à résoudre, un dysfonctionnement de la volonté. Mais si nous changions de regard ? Si au lieu de vouloir “combattre” la procrastination, nous essayions de comprendre ce qu’elle tente de nous dire ?

Procrastiner, c’est parfois se protéger. D’une tâche anxiogène. D’une exigence trop élevée. D’un perfectionnisme paralysant. Ou même d’un choix de vie qui ne nous correspond pas. La procrastination peut être un signal d’alarme, une forme de résistance inconsciente à une direction qui n’a plus de sens pour nous. Elle peut aussi traduire un besoin de repos, ou une peur du changement.

ne rien faireLe cerveau au repos travaille… pour nous

Les neurosciences viennent aujourd’hui appuyer ce que la psychanalyse et la sagesse intuitive pressentaient depuis longtemps : ne rien faire est une activité mentale essentielle.

Le neurologue Lionel Naccache a beaucoup travaillé sur les états de conscience et l’activité du cerveau au repos. Il montre que même lorsque nous croyons “ne penser à rien”, notre cerveau reste extraordinairement actif. Il s’active notamment dans ce que les chercheurs appellent le réseau du mode par défaut — un réseau cérébral qui se met en marche précisément lorsque nous cessons toute tâche volontaire. Ce réseau joue un rôle central dans la mémoire autobiographique, la rêverie, la créativité, et la conscience de soi.

Stanislas Dehaene, autre grand nom des neurosciences cognitives, parle de ce réseau comme du “réseau du soi”. C’est lui qui nous permet de nous relier à notre histoire, d’élaborer des récits internes, d’imaginer, d’intégrer nos expériences. Autrement dit : le vide extérieur nourrit notre intériorité.

Le médecin et thérapeute Adrian Chaboche, de son côté, insiste sur l’importance du ralentissement pour restaurer les équilibres profonds du corps et de l’esprit. Dans une approche intégrative, il rappelle que la santé ne se résume pas à “tenir bon”, mais inclut aussi la capacité à s’arrêter, à ressentir, à respirer.

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